Envoi de jeunes vers les zones de conflit : les verdicts en appel
La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme auprès de la Cour d’appel de Tunis a rendu, tard dans la nuit de jeudi à vendredi, ses verdicts dans l’affaire de l'envoi de jeunes vers des zones de conflit ( Tasfir). Les peines prononcées à l’encontre des accusés vont de 3 à 24 ans de prison, a indiqué une source judiciaire à l’Agence Tunis Afrique Presse.
Selon la même source, le dossier concerne plusieurs figures politiques et sécuritaires de premier plan, dont l’ancien chef du gouvernement et ancien ministre de l’Intérieur Ali Larayedh, l’ancien responsable de la brigade de protection des avions Abdelkrim Abidi, ainsi que Seifeddine Raïss, ancien porte-parole de l’organisation interdite Ansar al-Charia.
La cour a condamné Ali Larayedh à 24 ans de prison, contre 34 ans en première instance. Des peines de 22 ans ont été prononcées à l’encontre de Fathi Beldi et d’Abdelkrim Abidi, tandis que Nourredine Gandouz a écopé de 28 ans. Lotfi Hammami et Hichem Saâdi ont chacun été condamnés à 24 ans de prison. Sami Chaâr a été condamné à six ans, et Seifeddine Raïss à trois ans, après des peines initiales nettement plus lourdes en première instance.
La juridiction a également ordonné le placement des condamnés sous surveillance administrative pour une durée de cinq ans à l’issue de leur peine, à l’exception de Sami Chaâr et de Seifeddine Raïss, pour lesquels cette mesure a été fixée à deux ans.
Les jugements de première instance dans cette affaire avaient été rendus en mai 2025, avec des peines allant de 18 à 36 ans de prison, assorties pour l’ensemble des condamnés d’une surveillance administrative de cinq ans.
Huit accusés, tous détenus, étaient poursuivis pour des chefs d’accusation liés notamment à la constitution et à l’adhésion à une entente terroriste, au recrutement et à l’acheminement de personnes vers des zones de conflit à l’étranger, à l’incitation au départ hors du territoire tunisien à des fins terroristes, ainsi qu’au financement de ces activités.
Parmi les accusés figure également Ali Larayedh, vice-président du mouvement Ennahdha, qui a occupé par le passé les fonctions de chef du gouvernement et de ministre de l’Intérieur.